Ces voitures que l’on partage

Comment disposerons-nous d’une voiture demain ? Différents concepts innovants vont tous dans le même sens: celui de la souplesse.

 

Une partie importante de la population des villes ne possède plus de voiture privée. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne se déplace qu’autrement. Simplement, toutes sortes de possibilités naissent. Le partage, ou car-sharing, en est une. D’autres multiplient les formes de leasing ou de location.

LE LEASING PARTAGÉ
Lara, sur le site qui propose du leasing partagé, dit: «Une jeune femme au volant de SA Ferrari, qui ne trouve pas ça sexy?». Elle paie déjà un leasing pour sa Mini Clubman. Pour le même prix, elle va avoir en plus une Ferrari, rouge bien sûr, une semaine par mois. De son côté, Alan veut un SUV BMW X3 du lundi au jeudi pour son épouse. Une telle souplesse paraît idéale, encore faut-il que le véhicule soit occupé à 100%, donc partagé entre deux, trois ou quatre personnes, sans quoi le système n’aurait pas de sens. Pour donner une idée, avoir sa Ferrari une semaine par mois demande un apport de 31 924 frs. et un coût mensuel de 1057 frs.

Pour disposer d’un break VW Golf Variant du jeudi au dimanche, l’apport est de 3969 frs. et la mensualité de 183 frs. Un SUV BMW X5: d’abord 8246 frs. puis 274 frs. par mois pour une semaine sur quatre. En réalité, cette forme de partage est intéressante pour les personnes qui ont une vie et des besoins de déplacement réguliers et faciles à programmer tout au long de l’année. Une telle solution peut aussi intervenir dans le cadre d’une entreprise, qui aurait l’utilité d’un fourgon en des temps bien déterminés. Toute la question est de réunir d’autres amateurs des mêmes véhicules à d’autres moments, ce qui semble délicat dans un pays somme toute assez petit. Une innovation à suivre.

JE CHOISIS MON AUTO
Autre possibilité, connue sous le nom de «flat rate» ou «flat fee» (qu’on peut traduire par loyer fixe), qui permet de choisir librement son modèle. À New York, Dallas et Los Angeles, par exemple, le système BOOK By Cadillac offre, pour un prix de 1500 $ par mois, de changer dix-huit fois de modèle en un an, sans limites de kilométrage et sans aucun autre frais que le carburant.

Il suffit de choisir la Cadillac et la période, ensuite de quoi la livraison est assurée au domicile. Deux variantes pour Porsche Passport: avec le choix de huit modèles pour 2000 $ par mois, de vingt-deux pour 3000 $. Un premier essai a été lancé à Atlanta. Il permet de réserver un SUV pour la semaine, une 911 pour le week-end, ou toute autre combinaison selon son plaisir.

Ces deux exemples passent évidemment par une application, qui gère la réservation sur le smartphone, avec prise de rendez-vous pour
la livraison ou la reprise de la voiture.

L’AVIS DES IMPORTATEURS
Séduisant? Nous avons posé la question à François Launaz, président d’«auto-suisse», qui groupe les importateurs.

QUE PENSEZ-VOUS DU SYSTÈME EN PHASE DE TEST AUX ETATS-UNIS?
Cette possibilité de grande liberté du choix de voiture est adapté aux USA, qui ont des concessions d’une taille respectable. Une seule d’entre elles peut vendre autant de voitures en un an qu’un importateur en Suisse. Le système de Porsche à Atlanta ne pourrait pas vivre en Suisse. Aucun concessionnaire ne pourrait proposer un choix d’une vingtaine de modèles à de nombreux clients. Les passionnés de la marque en changent assez souvent; dans notre pays, je ne suis pas sûr qu’une telle location leur convienne. De plus, ce système incluant tous les services, y compris la livraison à domicile, coûte évidemment assez cher.

Y A-T-IL DES ÉQUIVALENCES EN SUISSE?
Cela fait longtemps que nous connaissons le full leasing. Un prix fixe qui comprend tous les services, mais bien entendu pour une seule voiture.Je ne pense pas que les importateurs seraient actuellement prêts à aller au-delà en proposant un éventail d’autos. Pour le reste, il est vrai que les habitudes ont changé. Nous devons constater que les distances pour aller au travail se sont considérablement allongées, tout comme les horaires. Et les manières de se déplacer se sont diversifiées, avec le car sharing et toutes les formes de mobilité partagée, les transports en commun, etc.

On ne pourra pas se contenter de laisser faire, sans augmenter les infrastructures pour répondre aux besoins. On ne pourra pas changer les habitudes sans, par exemple, modifier la manière d’organiser le travail. Le fait de posséder un véhicule, de le partager, de le louer, n’est que la partie individuelle du problème, sur le plan général il n’y a pas de solution en dehors d’une amélioration des infrastructures. L’augmentation du temps passé dans les bouchons et l’engorgement des transports publics devraient inciter à agir de manière décidée.

Gil Egger


Auteur : tcsgeneve

Nous sommes une association suisse qui propose différents services et qui analyse, parle de toutes les formes de mobilité. Échangeons!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s